Les premières serres ont été imaginées au XVIIe siècle pour accueillir des plantes fragiles.
Au cours de cette grande période d'exploration on rapportait de nombreuses plantes de lieux tropicaux et exotiques. On devait héberger ces végétaux dans des
bâtiments qui les protégeraient du froid à l'approche de l'hiver.
Les orangers, les citronniers sont les premières plantes fragiles que l'on cherche à conserver. Pour les protéger des gelées, on leur construit ce qu'on appelle
alors des orangeries. Ces orangeries ne ressemblent pas encore à l'image traditionnelle que l'on a d'une serre. Ce sont des bâtiments en dur qui se distinguent
par un grand nombre de fenêtres hautes exposées face au sud pour laisser passer un maximum de soleil.
Lorsque le soleil est bas, il apporte sa lumière directe et sa chaleur indispensable. L'été, lorsqu'il est haut, à l'aplomb du bâtiment, il n'entre pas
directement. De cette manière une température optimale est maintenue en toute saison car la plupart de ces batiments ne possède peu ou pas de chauffage.
Ce n'est que plus tard qu'apparaissent les premières serres de bois et de verre. Elles sont construites dans le but de conserver et d'acclimater les collections
botaniques et les plantes rares que les naturalistes rapportent de leurs voyages d'exploration. D'ailleurs, le mot "serre" vient de serrer, dans le sens de "mettre à l'abri".
Au milieu du XIXe siècle, l'utilisation du verre et surtout du métal, permet d'édifier des structures plus solides et plus grandes, fournissant une meilleure
isolation pour des plantes réclamant une chaleur constante. Le fer et la fonte rendent possible la construction de structures plus fines et légères auxquelles
sont associées des feuilles de verres de plus en plus fines et grandes.
La mise au point d'un nouveau système de chauffage par thermosiphon (circulation d'eau chaude dans des tuyaux) permettra grandement d'améliorer la culture des plantes.
Ces différentes évolutions concourent à l'apparition de la serre telle qu'on la connait aujourd'hui.
L'apogée de la serre vient avec la création de grandes serres publiques comme le Jardin d'hiver sur les Champs-élysées à Paris (1846) ou le Crystal Palace à Londres (1851). Toutes les classes sociales viennent les visiter pour leur qualité architecturale mais aussi pour découvrir les plantes et fleurs inconnus qui y sont présentées.
Rapidement, des monarques s'intéressent à cette pratique, ajouter une serre à toute propriété d'importance devient à la mode. Ce désir de posséder une serre est favorisé par la croissance des modèles proposées par des constructeurs de plus en plus nombreux.
Avec le début du XXe siècle, avec la guerre, la dispersion du personnel et la disparition progressive des grandes propriétés les serres sombrent dans l'abandon.
Elles doivent la précarité de leur destin à leur fragilité et aux frais importants d'entretien ou de chauffage.
Le fer rouille et les vitres se cassent et elles ressemblent alors à de vieilles carcasses rouillées.
De nombreuses serres ont maintenant disparu, certaines sont dans un état d'abandon et de détérioration avancé.
Quelques unes de ces constructions existent encore et sont un patrimoine particulièrement riche aussi bien sur le domaine public Nantes, Lyon, Paris, ... que privé.